L’analyse de Terres Sensibles à l’issue du premier tour

ll peut être bon de rappeler à ce stade crucial quel est pour « Terres Sensibles » l’enjeu de la campagne. A partir d’une définition claire de l’identité de notre commune nous souhaitons rassembler les pradétans au delà des clivages politiques en mettant l’accent sur ce qui les rapproche plutôt que sur ce qui les sépare.

Il s’agit, à travers les engagements de notre Pacte Local pour l’Environnement, de faire en sorte que le développement durable et la démocratie participative s’inscrivent au coeur des préoccupations des candidats et que le PLU soit clairement identifié comme étant préjudiciable en l’état au développement harmonieux de notre cité.

Les réponses de quatre candidats au Pacte confirment notre analyse selon laquelle le PLU arrêté le 9 juillet 2007 doit être profondément remanié dans le sens d’une meilleure protection de l’environnement.

Les résultats du premier tour de l’élection montrent que les pradétans dans leur ensemble ont sanctionné ce PLU en plaçant le Maire sortant en troisième position. L’opportunité de rassembler des citoyens qui se sont exprimés à 80 % contre la gestion non économe de l’espace du projet municipal aurait dû emporter le bon sens des candidats.

Or, le maintien de trois listes d’opposition au PLU au deuxième tour est un facteur de division qui ne peut qu’avantager les partisans de l’application inconditionnelle du PLU et redonner des ailes au projet du maire sortant qui n’en demandait pas tant.(Roland Joffre dans VarMatin du 13 mars : « Mon ciel s’éclaircit….le combat devient purement politique et dans ce contexte je retrouve toutes mes chances ».)

Plus que jamais il faudra donc raison garder et chacun devra se déterminer au second tour en fonction de ses affinités, pour empêcher ce PLU de voir le jour en l’état.

 



Les enjeux de l’expansion urbaine

 

Nous partageons les préoccupations exprimées par l’association MALTAE (Mémoire à Lire Territoire à l’Ecoute) de privilégier le QUALIFICATIF (bien être, esthétique…) avant le QUANTITATIF (croissance, extension…) lorsqu’on agit dans le cœur ou le centre historique d’une ville ou sur des espaces naturels sensibles (sites remarquables, espaces boisés, frange littorale…).

Les « aménageurs » estiment que toute destruction est créatrice de richesse. Nous croyons qu’il faut d’abord valoriser l’existant et placer l’action sur notre environnement immédiat, entre une histoire inscrite dans nos paysages, nos villes… et une vision de l’avenir qui prolonge cette histoire.

Hélas, cette « pré-vision » n’est pas toujours contenue dans des programmes électoraux qui flottent sur l’air du temps à la recherche de voix partisanes : « mixité sociale », « chômage des jeunes », « personnes âgées dépendantes », derrière ces belles causes nationales proclamées haut et fort par des élus locaux, se dissimulent souvent des projets d’urbanisme beaucoup moins nobles.

Car en matière d’urbanisme, il faut raisonner en termes de gestion patrimoniale d’un capital naturel et historique.La valeur de ce capital n’est, pour l’instant, inscrite dans aucune comptabilité. Avant de parler de coûts (et de surcoûts) il faut au moins prendre conscience de l’existence de ce capital, et essayer de l’évaluer pour l’intégrer dans le calcul des coûts.

Le « surcoût » d’une politique de la ville soucieuse des problématiques environnementales apparaîtra alors comme une assurance sur la préservation du capital. C’est ce message que nous voulons faire passer aux élus locaux et aux candidats à des responsabilités publiques.

Ne nous laissons pas enfermer par eux dans l’alternative « limiter la construction » ou « croissance sans limite » ce qui permet à certains de se poser en hommes de progrès, en face des défenseurs de l’environnement présentés comme des illuminés attardés.

Les Maires ont été dotés de grands pouvoirs en matière d’urbanisme depuis la décentralisation des pouvoirs de l’Etat vers les communes (permis de construire, Plan Local d’Urbanisme). Certains de ces Maires, impuissants à maîtriser la complexité de ces problèmes ou à résister aux fortes pressions qui s’exercent sur eux, ont délégué à des technostructures (TPM, SCOT) les pouvoirs qu’ils détiennent.

Alors que les lois de décentralisation ont été conçues pour rapprocher les centres de décision (Maires) et les citoyens pour l’aménagement du territoire de leur commune.Les associations, MALTAE (Mémoire à Lire Territoire à l’Ecoute) comme Terres Sensibles, sont parfaitement dans leur rôle lorsqu’elles interpellent les candidats aux responsabilités publiques, et nos actions sont aussi légitimes que nécessaires.



Préambule aux commentaires

Nous remercions ici tous ceux dont les remarques très pertinentes devraient nous permettre de poursuivre le débat au-delà des querelles politiciennes qui risquent d’agiter la campagne et au-delà des échéances électorales.

Ce site étant géré par des bénévoles nous n’avions pas les moyens d’assurer la gestion d’un débat ouvert eu égard aux nombreux problèmes de responsabilité que cela pouvait poser.

Nous nous sommes attachés à répondre à chacun et avons choisi de publier en priorité les réponses aux critiques récurrentes concernant notre démarche.



Réponse circulaire aux questions récurrentes

Est-ce que l’avenir du PRADET est dans un accroissement continu de sa population, une augmentation indéfinie des espaces affectés à la circulation et au stationnement des véhicules automobiles, une extension progressive des zones d’habitation et une diminution inéluctable des espaces naturels et des terres agricoles?

Il y aura bientôt 20 ans, la loi « littoral » a répondu NON à cette question, en constatant ce qu’étaient devenues, ou étaient en train de devenir certaines portions du littoral méditerranéen : un alignement d’immeubles le long de la côte, un enchevêtrement de voies écoulant le trafic automobile et, par-ci par-là, de vastes espaces verts au milieu desquels on croit deviner des résidences de rêve protégées de l’extérieur par des barrières de sécurité.

Cette loi « littoral » est fondée sur des principes simples :

 

  • rendre les plages accessibles à tous,
  • permettre un cheminement piétonnier continu le long du littoral,
  • préserver la frange côtière de toute nouvelle construction,
  • ménager des coupures d’urbanisation entre les zones habitées,
  • limiter les aménagements nouveaux en prenant en compte la capacité d’accueil des sites côtiers,
  • identifier les espaces remarquables et les espaces boisés voisins du littoral,
  • éloigner la circulation automobile de la frange littorale…

Et tout cela avec un unique objectif : que restent accessibles à tous, ces biens publics naturels que sont les plages, les paysages, les rivages de la mer, les espaces vierges, les forêts… afin qu’il n’y ait pas d’appropriation individuelle de ces biens collectifs par des particuliers ou des groupes d’intérêts privés dotés de puissants moyens financiers.

Le but de l’action publique qui est de chercher à réaliser équitablement le bien-être de la population, doit donc, dans le domaine de l’urbanisme et avec l’aide des documents d’urbanisme ( SCOT (Schéma de cohérence territorial), PLU (Plan local d’urbanisme)), chercher à réaliser des équilibres.

  • Equilibre entre les zones naturelles et les zones urbanisées.
  • Equilibre entre les zones économiques et les zones de loisirs.
  • Equilibre entre les différents modes de transport : en commun/ individuels, piétonniers/ « deux roues »/ automobile, sur rail/ sur route… Et l’aménagement en conséquence des voies de circulation.
  • Equilibre entre les petits commerces de proximité et les grandes surfaces.

Mais alors, nous direz-vous, de quoi se mêlent les associations si c’est le rôle des pouvoirs publics en la personne de nos élus ?

Il y a plus de vingt ans, les lois de décentralisation des pouvoirs de l’Etat vers les communes ont confié aux Maires de grands pouvoirs en matière d’urbanisme. L’objectif était de rapprocher les citoyens vivant dans la commune et l’autorité dotée du pouvoir de décision (Maire et Conseil Municipal) dans des domaines aussi sensibles que les permis de construire et les plans d’occupation des Sols (P.O.S) devenus Plan Local d’Urbanisme (PLU) depuis la loi SRU de décembre 2000 (Solidarité et renouvellement urbain).

Regroupés dans des associations, des CIL, les administrés devaient devenir des citoyens à part entière prenant en main l’aménagement de leur territoire.


Par une heureuse coïncidence, le projet de P.L.U du PRADET qui dessine l’avenir de la commune pour les années à venir a été soumis à l’approbation du Conseil Municipal alors que la campagne électorale pour les élections municipales se profilait à l’horizon de mars 2008. Ce PLU devra être dans les mois prochains soumis à une Enquête Publique avant de devenir définitif.

Plan local d’urbanisme + Elections municipales + Enquête publique, n’y-a-t-il pas de meilleures circonstances pour que les pradétans s’expriment sur l’avenir de leur territoire dans un débat public et ouvert.

C’est ainsi que plusieurs associations et CILS du PRADET se sont spontanément regroupés dans le collectif « Terres Sensibles » pour que les pradétans puissent connaître les intentions de ceux qui sollicitent leurs suffrages.

Et nous posons des questions simples :

Quand, avec le PLU, le Maire transforme une terre agricole en terrain à construire, qui profite de ce coup de baguette magique qui génère une fabuleuse plus-value due au simple fait que cette terre agricole est « à proximité de la mer » ou « avec vue sur mer » ?

  • Ce n’est certainement pas l’agriculteur qui pourra tout juste s’offrir, avec le prix de vente de son terrain, une villa sur son ancienne terre.
  • Ce ne sont certainement pas les pradétans et les varois qui verront disparaître définitivement de leur regard un espace libre, un paysage de vignes et d’oliviers, un aperçu sur la mer…
  • Ce ne sont certainement pas nos enfants dont on aura dilapidé l’héritage en consommant le capital naturel dont nous aurions dû faire une réserve foncière.

Quand on demande la création d’une voie nouvelle pour écouler, aux heures de pointe, le trafic automobile entre les sites urbanisés du bord de mer de La Garonne et des Oursinières, afin de rejoindre rapidement le centre du PRADET et l’axe de la RD559, à qui cela profitera-t-il ?

  • Certainement pas aux propriétaires et aux riverains des terrains expropriés pour tracer ce nouvel axe qui verront les nuisances liées à la circulation augmenter.
  • Certainement pas aux automobilistes qui, encouragés par la fluidification du trafic, utiliseront leurs véhicules avec encore moins de retenue, jusqu’à saturer à nouveau le trafic.
  • Certainement pas tous ceux (et ils sont nombreux) qui privilégient les modes de déplacement non polluants (depuis la marche à pied, jusqu’au transport en commun, en passant par le vélo.

Quand on déplore que LE PRADET devienne une « immense maison de retraite », que regrette-t-on?

  • Que les pradétans comme un nombre croissant de français vont gonfler les tranches d’âges des plus de 60 ans ?
  • Veut-on dire que les activités liées aux loisirs et à la santé dont les plus de 50 ans (comme les actifs en RTT) sont consommateurs, doivent être exclues du territoire de la commune ?
  • Veut-on dire dire que doivent rester chez eux ceux qui à l’âge de la retraite viennent dépenser au soleil et en bord de mer l’argent qu’ils ont durement gagné dans des régions de France industrieuses et au climat ingrat ?

Or ce bonheur de vivre aujourd’hui au PRADET que nous voulons faire partager, découle de son capital naturel, jusqu’à présent assez bien préservé. Et le projet de PLU menace ce capital naturel en ne respectant pas les équilibres nécessaires.

L’action du collectif « Terres Sensibles » n’est pas l’immobilisme mais le mouvement pour que soient maintenus les équilibres entre les jeunes (qui sont les vieux de demain) et les vieux (qui sont les jeunes d’hier).

Pour que les mots soient porteurs d’un sens, nous demandons simplement à nos futurs élus comment ils réaliseront l’alliance du « développement durable » et de la « démocratie participative ».